Un pavillon de cuivre ouvert comme une fleur, un coffret en bois, un disque qui tourne à l'air libre. Le gramophone fait partie de ces objets qu'on reconnaît avant même de les entendre. Voici d'où il vient, comment il fonctionnait, et ce qu'il est devenu.
1877 : on apprend à enregistrer la voix
En 1877, Thomas Edison présente le phonographe : une aiguille grave les vibrations du son dans une feuille d'étain enroulée sur un cylindre, puis les relit. La même année, en France, le poète et inventeur Charles Cros dépose à l'Académie des sciences un pli qui décrit un appareil fondé sur le même principe, qu'il appelle le paléophone. Il ne le construira jamais.
1887 : Émile Berliner invente le disque
Dix ans plus tard, Émile Berliner fait breveter le gramophone. Son idée change tout : remplacer le cylindre par un disque plat. Un disque se presse en série à partir d'une matrice, se range sur une étagère et se vend en boutique. C'est l'ancêtre direct de tous les vinyles d'aujourd'hui.
Un appareil sans électricité
Le gramophone d'origine ne se branche nulle part. Sur la plupart des modèles, on remonte un ressort à la manivelle, le plateau se met à tourner, et l'aiguille suit le sillon. Ses vibrations font trembler une fine membrane, et le pavillon porte le son dans la pièce, à la manière d'un porte-voix. Un grand pavillon porte mieux : c'est en partie pour cela qu'il est devenu si spectaculaire.
Le temps du 78 tours
Les disques de gramophone sont en gomme-laque, une résine naturelle, et tournent à environ 78 tours par minute, une vitesse qui s'impose dans les années 1920. Ils sont lourds, cassants, et ne tiennent que quelques minutes de musique par face.
Arrivent ensuite le microsillon 33 tours, en 1948, puis le 45 tours, en 1949. Plus légers, plus longs à l'écoute, et en vinyle. Le gramophone à manivelle quitte peu à peu les salons, mais pas les mémoires.
Phonographe ou gramophone ?
Au sens strict, le phonographe lit des cylindres et le gramophone des disques. En France, l'usage a vite mélangé les deux mots, et beaucoup disent encore « phonographe » pour n'importe quel appareil à pavillon. Vous croiserez les deux noms : ils désignent la même silhouette.
Le gramophone d'aujourd'hui
Nos gramophones gardent tout ce qui fait le charme de l'objet : le pavillon de cuivre, le coffret en bois, le disque qui tourne sous vos yeux. Sous le pavillon, en revanche, rien d'ancien.
- Une platine deux vitesses, 33 et 45 tours, pour les disques de 7, 10 et 12 pouces : vos vinyles d'aujourd'hui.
- Le Bluetooth pour la musique du téléphone, la radio FM, un port USB et une entrée auxiliaire.
- Une télécommande, pour changer de source sans se lever.
- Un branchement sur le secteur, par un adaptateur fourni : pas de manivelle à remonter entre deux faces.
Une précision utile : ils ne lisent pas les 78 tours. Si vous avez hérité de disques en gomme-laque, une platine trois vitesses comme La Malle ou Le Carnet les fera revivre.
Lequel choisir ?

Le Pavillon mesure 33 cm de haut, pavillon compris, pour 20,8 × 17,1 cm au sol. Il tient sur une étagère, un bureau ou un bout de bar.
Le Grand Pavillon monte à 57,6 cm, sur un socle en bois travaillé. Il demande un meuble pour lui seul, et se voit de l'autre bout de la pièce.
Les deux ont les mêmes fonctions. Ce qui les sépare, c'est la place que vous voulez leur donner. Dans les deux cas, gardez de la hauteur libre au-dessus : le pavillon s'ouvre vers le haut.
Un objet qu'on regarde autant qu'on l'écoute
Un gramophone ne se cache pas dans un coin. Posé sur un buffet, il attire l'œil, il fait parler les invités, et il donne envie de sortir un disque. Éteint, il décore. Allumé, il remet toute une pièce dans l'ambiance d'une autre époque, avec la musique d'aujourd'hui.